COMMUNICATION AU CONSEIL RÉGIONAL SUR LA « SMART RÉGION » EN MATIÊRE DE TRANSPORTS
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M. BEAUDET (Vice-président LR aux Transports) – Selon mon engagement et principalement à partir du mois de juillet, je vais me livrer à un exercice inédit dans cet hémicycle, consistant en la diffusion d’informations sur les débats et décisions importantes prises dans le cadre des travaux du Syndicat des transports d’Île-de-France. Il s’agit de l’application des politiques publiques portées en la matière dans notre assemblée et dans les départements et villes actionnaires du Syndicat. Ce point de communication particulier interviendra deux fois par an, en juillet et en décembre, selon un dispositif mis en œuvre à l’issue des discussions entre les présidents de groupes. Il ouvrira à discussion générale sans dépôt d’amendement, en l’absence de délibération et de vote.

Exceptionnellement, nous avons extrait avec la Présidente des points de l’information prévue au mois de juillet. Il s’agit notamment d’open data et d’une décision prise le 1er juin dernier au Syndicat des transports d’Île-de-France en complément de l’ensemble des délibérations devant être adoptées durant ces deux jours concernant ce geste de modernisation du fonctionnement de la Région en interne et en externe.

Au Conseil d’administration du 1er juin dernier, nous avons proposé un rapport au Syndicat des Transports d’Île-de-France concernant un plan particulièrement ambitieux sur les questions des services numériques pouvant être proposés aux usagers. Le STIF a réalisé un travail au vu de l’usager et de ses pratiques actuelles et non des opérateurs. De nombreux Franciliens usagers de transports en commun disposent de plusieurs applications sur leur smartphone pour déterminer leur meilleur trajet. Avec toutes les évolutions technologiques et la concurrence entre les start-ups portant ces applications, nos usagers attendent un service de mobilité le plus complet, fiable et multimodal possible et personnalisable. Il doit également être doté d’informations en temps réel pour les plus modernes et de prédictivité à l’avenir, quand le regroupement d’informations suffisantes par l’open data permettra de prédire le meilleur trajet par une modélisation des données.

Il s’agit dans un premier temps de faire du STIF un fournisseur de références en matière de données de transports. Cela commencera par l’acquisition de données nouvelles sur les réseaux et sur les espaces de transports (gares, stations). Nous avons un débat lors du dernier Conseil d’administration du STIF pour étendre cette réflexion aux voies cyclables et sur les données de la route. Le STIF propose de constituer une plateforme de données de mobilité régionale mettant à disposition les données de référence sur tous ces modes complémentaires aux transports collectifs, auxquels nous pourrions adjoindre le sujet du covoiturage. L’ensemble de ces nouvelles données et d’une gouvernance centralisée nous permettrait de disposer de nouvelles propositions effectives en 2018. Dans les débats au STIF, j’ai bien entendu la volonté d’accélérer la démarche sur ce sujet qui affiche un certain retard, en dépit de travaux engagés avec des propositions du STIF à horizon 2020-2024. 2018 nous paraît être un délai raisonnable et la Présidente s’est engagée lors des débats à mettre en œuvre d’éventuelles avancées tangibles en 2017, le cas échéant.

Ce dossier traite différents projets et notamment :

  • le déploiement du WiFi et des réseaux 3G et 4G sur l’ensemble de la chaîne transports, dans les véhicules roulants et dans les gares ;
  • la modernisation de la billettique avec la carte de transport, billet sans contact par smartphone et par carte bancaire ;
  • la création d’un compte client Navigo accessible sur Internet proposant des services seulement disponibles sur des bornes actuellement et imposant un déplacement des usagers en gares (modification d’abonnement ou de données personnelles, désabonnement) ;
  • les outils permettant de voyager grâce à un smartphone. Dans le cadre de la disparition du ticket carton métro en 2021, un mode Navigo portatif permettra aux personnes ne disposant ni téléphone ni carte bleue de pouvoir voyager, selon notre souhait de créer un porte-monnaie transport.

    La Région dirige la question de l’intermodalité et de la complémentarité des modes de transport. Elle soutient les engagements pris au sein du STIF. De par sa compétence transports et des applications complémentaires sur cette politique, la Région veillera dans le cadre des travaux du STIF menés avec les partenaires à l’interopérabilité de l’ensemble des dispositifs. Ce sujet a été bloquant à de nombreux égards. Les données doivent être appropriées par tout le monde, indépendamment des réseaux utilisés. En matière de développement économique, nous porterons une politique de modernisation avec un soutien aux démarches d’open data et d’encouragement à l’innovation. Nous ne devons pas oublier nos compétences en matière de handicap et la facilitation que nous pouvons apporter aux personnes à mobilité réduite devant se déplacer. Dans ce cadre, nous devrons considérer les contingences particulières dans les modes de calcul ou parcours pouvant être générés par ces dispositifs.

Nous avons déjà avancé sur ces points selon un calendrier. Vous disposez de notre rapport assez précis. Je répondrai à vos questions éventuelles lors de la discussion générale.

Pierre Serne

« La démarche engagée par le vice-président au sein du STIF et rapportée devant la Région est intéressante. Stéphane BEAUDET a rappelé qu’elle avait été engagée auparavant. Cette démarche plutôt consensuelle au sein du STIF et de notre Assemblée pose un certain nombre de difficultés et obstacles d’une ampleur impressionnante, dont Stéphane BEAUDET est conscient.

Les difficultés parfois techniques sont surmontables. Il s’agit aussi de difficultés sociétales plus difficiles à résoudre. Par exemple, les expérimentations menées sur la billettique sans contact ne sont pas toujours concluantes. Une expérience menée sur une ligne de bus dans le Val d’Oise a donné des résultats insatisfaisants, car les usagers ne se sont pas approprié cette technologie. Suite à un échec sur son réseau de transports publics, la ville de Nice a abandonné l’utilisation de supports sans contact pour l’équivalent de leur Navigo.

Plusieurs collègues ont pointé les questions soulevées et les difficultés potentiellement rencontrées par les usagers ou par les opérateurs. Certaines personnes n’ont pas accès aux supports envisagés (smartphones ou cartes bancaires) et il en sera peut- être de même à l’avenir pour le « sans contact ». Concernant la possession et la commercialisation potentielle des données supportées par des cartes bancaires ou des smartphones, face à la gourmandise de grands groupes comme Google ou Apple, les services du STIF rencontrent de nombreux problèmes de sécurité, de sécurisation, d’anonymisation, d’agrégation et de possession des données. Ces problèmes qui perdureront dans les mois et années prochains ne rendent pourtant pas la démarche impossible. Plutôt qu’à une inertie ou à un manque de volonté, le fait de prendre du temps est lié à la nécessité de dépasser des obstacles que nous ne savons pas toujours dépasser aujourd’hui. Nous souhaitons que la démarche aboutisse, mais sans aller trop vite. Nous devons garder en tête qu’il existera toujours des usagers plus précaires et fragiles que d’autres ou ne possédant ni carte bancaire ni smartphone. Des supports devront être proposés aux usagers occasionnels ou n’ayant pas accès à l’ensemble des outils dont disposent d’autres usagers. »