CR 89-16 : POUR DES LYCÉES SANS DROGUE ET SANS ADDICTION
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Voir le rapport : CR_89-16_lycées drogues et addictions (les temps d’interventions sont limités par une durée proportionnelle à la représentativité dans l’hémicycle)

 Corinne Rufet

« Je ferai une intervention générale incluant la motion de renvoi. Ce rapport nous propose un sujet important. La consommation de drogues, de tabac, d’alcool, de médicaments, de cannabis, de cocaïne, d’ecstasy a un impact négatif sur la santé. Les constats évoqués par la Vice-présidente sont réels. L’impact négatif sur la santé concerne aussi des éléments plus insidieux tels que les pesticides, le diesel, la malbouffe et dont il est plus difficile de se prémunir individuellement. L’addiction n’est pas toujours synonyme de perte d’autonomie ou de difficulté à vivre en société. Tous les fumeurs, buveurs, consommateurs d’antidépresseurs et d’antidouleurs ne sont ni des criminels ni des junkies s’ils en font un usage maîtrisé et responsable.

La question abordée concerne donc l’abus des substances addictives, quelles qu’elles soient. Le cannabis comme l’alcool a des conséquences importantes sur le développement du cerveau chez les jeunes et de leurs capacités d’apprentissage. Une véritable politique de santé publique organisée et coordonnée avec des moyens dignes de ce nom doit pouvoir être mise en place. En revanche, la morale, la coercition et la culpabilisation n’ont pas leur place dans un nécessaire plan d’action national décliné sur les territoires et à tous les niveaux de la société. Ce rapport m’a fait penser à la publicité « Dis-leur merde aux dealers » communiquant sur les dangers de la drogue dans les années 80 lorsque j’étais lycéenne. Nous blaguions alors plus sur le sujet qu’il ne nous touchait et nous avions compris le message.

Nous constatons la non-efficience des politiques uniquement coercitives menées depuis plus de 60ans en France, conformément au diagnostic établi dans ce rapport. De plus en plus de personnalités politiques de tous bords partagent l’idée d’une réflexion sur la dépénalisation voire sur la légalisation de certaines drogues afin de consacrer davantage d’argent à un programme de santé publique efficace contre les conséquences de l’abus de toutes les drogues. Nous observons le combat très difficile mené par des partis de tous bords contre l’addiction au tabac ou contre la publicité pour l’alcool. Il est de plus en plus impossible de lutter contre les organisations souterraines qui sous-tendent le trafic de drogue. La coercition et la répression ne fonctionnent pas. Y aurait-il d’autres moyens pour lutter contre ce sujet crucial ?

S’emparer de ce sujet au niveau régional pourrait être louable sans ce vieux fond de morale qui considère la jeunesse comme d’abord coupable et suspecte. S’interroger sur les raisons qui amènent certains jeunes à consommer des drogues et notamment non festives, sur le rôle de celles-ci dans l’anesthésie des peurs de notre jeunesse, dans son besoin de s’oublier nous paraîtrait le premier axe d’une modeste, mais efficace politique régionale. Il ne s’agit pas de désigner des « fayots », des lycéens-relais dans chaque lycée, prémices de possibles stigmatisations de l’un ou des autres, à cet âge où les logiques de groupe peuvent être violentes et cruelles. Il ne s’agit pas de vouloir créer à l’intérieur des lycées un système de vidéosurveillance, dont l’utilisation dépendra de l’éthique et de la responsabilité de proviseurs ou de personnels encadrants déjà très occupés par ailleurs et dont l’efficacité reste à démontrer. Il ne s’agit pas non plus de vouloir imposer des tests salivaires que nous n’osons pas imposer systématiquement dans les prisons de notre pays.

Ce rapport nous paraît décalé, inefficace et légèrement hors sujet. Notre motion de renvoi vise à prendre le temps d’audition de spécialistes de ces questions tels que des médecins addictologues, associations, police, justice, etc. Un rapport plus dense et plus pertinent pourrait ainsi être présenté sur ce sujet extrêmement important. »

Réponse suite à la mise en cause du groupe en proposant aux élu-es EELV&A de se soumettre à un test salivaire 

Mounir Satouri

« Un slogan efficace n’est pas obligatoirement réel. Je ne comprends pas comment les tests salivaires participeront à lutter contre la drogue. Pour attaquer ce sujet, nous vous invitons à renforcer le travail de prévention et les intervenants spécialistes des addictions pour rencontrer les lycéens. Pour soutenir la jeunesse francilienne, nous vous invitons à mettre les moyens sur le sujet des suicides qui frappe une partie des jeunes. Malgré mes efforts, je ne comprends pas votre logique. Je crains que cette affaire n’existe pas puisqu’elle sera basée sur le volontariat des proviseurs. La jeunesse francilienne mérite mieux que cette mesure et j’en attends le bilan.

La Présidente a souhaité instaurer un groupe de travail autour de ces questions en citant la personne coordinatrice. Malgré mon ouverture, le dialogue avec l’orateur du groupe UDI n’a pas eu lieu tout à l’heure. Je considère que les conditions de notre participation à un groupe de travail animé par cette personne ne sont pas réunies. J’ai rendu le test salivaire à Monsieur CECCONI à l’attention de Monsieur TORO et je lui transmettrai également un alcootest à l’attention de ses collègues. Nous pouvons nous opposer, mais devons nous respecter. »