Annulation du PREDEC : les décharges vont se multiplier en Seine-et-Marne
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[Communiqué de presse EELV&A]

Le 23 février 2017, le tribunal administratif de Paris a prononcé l’annulation du plan de gestion des déchets issus des chantiers du bâtiment et des travaux publics (PREDEC) voté à l’unanimité par le Conseil Régional Île-de-France le 18 juin 2015.

La requête en annulation déposée par le Département du Val d’Oise, l’Union nationale des exploitants du déchet (UNED) et le Préfet de région Île-de-France courant été 2015 avait pour objectif principal de faire annuler le moratoire sur la création ou l’extension de nouvelles décharges dans le département de Seine-et-Marne. Ce département est pourtant stigmatisé comme « la poubelle d’Île-de-France » et les déchets de chantiers à venir du Grand-Paris, notamment, menacent ses paysages.

 « Le moratoire permettait à toute l’Île-de-France de réorganiser la gestion des déchets et empêchait que la Seine-et-Marne et ses habitants ne soient victimes des grands bouleversements prévus en Île-de-France, » explique Mounir Satouri. « Je considère cette annulation comme une offensive des intérêts privés de l’UNED au détriment de la protection de l’environnement et des intérêts franciliens, » regrette l’élu.

Les écologistes regrettent l’attitude du Conseil départemental du Val-d’Oise qui a déposé ce recours ; recours d’autant plus incompréhensible que le Val-d’Oise a participé à la concertation amont pour l’élaboration du plan.

« Le consensus trouvé à l’époque n’était sans doute qu’une façade, » regrette Juliette Espargilière, élue régionale du Val-d’Oise.

Pour Bénédicte Monville-de Cecco, élue régionale de Seine-et-Marne, le risque est grand pour le département : « la fin de ce moratoire ouvre la boîte de Pandore et toutes les demandes d’extension de décharge en attente vont être déposées et acceptées en cette période de vide juridique, » regrette l’élue qui en appelle au Préfet pour modérer les ardeurs de certains grands groupes de gestion des déchets et revoir sa décision.

La Région ne devrait pas se prononcer sur un nouveau Plan déchets avant plusieurs mois, ce qui laisse le temps à nombre de déchetteries ou d’élu-es de réaliser leurs projets néfastes pour l’environnement de la Seine-et-Marne.

Pour l’élue, cette remise en cause va à l’encontre de la représentation citoyenne.

« Le PREDEC résultait d’un travail de concertation avec l’ensemble du territoire, et se donnait pour ambition de soulager le territoire de Seine-et-Marne qui, depuis de trop longues années, servait de décharge à l’ensemble de l’Ile-de-France. Nous assistons de plus en plus à la victoire des groupes privés qui usent de pressions face aux décisions des citoyennes et des citoyens. »

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