Budget 2016 – ANNEXE 5 : SÉCURITÉ
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Voir le rapport : 2016_ANNEXE_05 (les temps d’interventions sont limités par une durée proportionnelle à la représentativité dans l’hémicycle)

Vignette_jespargiliereJuliette Espargiliere

« Madame la Présidente, Monsieur le Vice-Président, le pragmatisme, somme toute bon teint, de votre projet fournit la rassurante certitude de pouvoir faire rentrer toute la complexité du monde et sa violence dans des catégories très simples : portiques, caméras, voisins vigilants. C’est simple, mais à combien peu d’enjeux ces solutions répondent-elles ? Quelles sont vos analyses ? Quelle logique sous-tendent ces orientations ? Parce qu’à défaut de production prospective d’ensemble, j’ai bien peur que votre budget s’apparente à une sorte de pensée magique. En fait, tout se passe comme si l’implantation d’une caméra de surveillance valait pour x mètres carrés de sécurité assurée. Ouf.Ici au moins, il ne va rien se passer.Pendant que l’on récite ce mantra, personne ne vérifie ce qu’il en est, ni ne prend le moindre début de précaution sur les libertés publiques. Si nous sommes rigoureux par exemple sur le sujet de sécurité des femmes, sujet auquel je suis particulièrement attachée, nous sommes bien obligés de conclure que les portiques et les caméras sont sur ce point absolument inopérants. Pourtant, quand la moitié de la population se voit surexposée au risque de violences sexuelles et d’homicides, c’est une insécurité publique insupportable.

En réalité, le sujet est beaucoup plus vaste qu’une petite histoire de bouclier. Vous me passerez l’expression. Si l’exercice ne permettra pas ici d’en développer suffisamment d’aspects, la sécurité est par exemple la sécurité des entreprises franciliennes qui font face à des risques informatiques, exigeant toujours davantage de technicité, d’expertise, avec des coûts qui sont souvent hors de leur portée. Les réseaux de médiation et de prévention sont pour leur part autant de citoyennes et de citoyens engagés dans un véritable mieux-disant, c’est-à-dire qu’ils forment, ils détectent, ils avertissent, ils prennent en charge, ils éduquent, ils créent de l’expertise et du savoir faire. Bref, ils font pleinement partie d’une construction commune de la tranquillité publique. En ce sens, il ne faut pas opposer prévention et sécurité ou tout sécuritaire, comme si la prévention était quelque chose de mou en dehors de la question de la sécurité. Pas du tout. La sensation diffuse de ni guerre ni paix qui résonner dans l’air francilien depuis les événements que l’on sait appelle la proposition d’une vision de l’avenir et à la concentration sur les dispositifs de surveillance (lycées + bus = caméras), nous souhaitons l’ambition de la protection. Nous vous soumettrons donc des amendements et soulignons l’excessive concentration des moyens sur des politiques que nous jugeons velléitaires et tape-à-l’œil. Des exemples me frappent. Par exemple, la Région n’a pour moi pas vocation à financer les politiques municipales de vidéo-surveillance des communes. De multiples études ont d’ores et déjà démontré l’inefficacité des systèmes de vidéo-surveillance et rien ne remplace la présence humaine. Je vous remercie. »