Budget transports 2017 : l’affichage remplace l’engagement
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Quand l’affichage prévaut à l’engagement.
Secteur prioritaire, « Révolution des transports », « Grand Paris des bus », « plan vélo », les annonces médiatiques de Valérie Précresse en matière de transports sont nombreuses et répétées depuis son élection. Pourtant, une fois encore, le budget 2017 confirme le triste renoncement de l’exécutif dans l’investissement pour des transports du quotidien, d’abord, mais aussi en matière de politiques protectrices de l’environnement. « La Révolution des transports ce n’est toujours pas pour 2017 » déplore la conseillère écologiste Ghislaine Senée citant en exemples :

  • le recul sur la dédiésélisation du parc de bus avec un report à 2030 au lieu de 2025 et une inclusion dans les calculs des bus en euro 6 ;
  • la division par 3 de l’investissement sur les bus en sites propres ;
  • la division par 2 du plan Vélo ;
  • L’aggravation de la dette cachée par le report du paiement des factures de modernisation des infrastructures (évaluée à 200M€) et pour 2017 il y a une baisse de 37M€ de crédits de paiements.

« En un mot, Mme Pécresse fait fausse route » dénonce Ghislaine Senée. Pour elle, le budget régional 2017 illustre le renoncement de la Région à tenir ses engagements en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. En effet, le nouveau « plan vélo » souffre d’un niveau d’investissement très insuffisant avant même son lancement et le manque d’ambition de la Région à encourager le développement de la logistique du dernier kilomètre, l’installation de bornes électriques ou encore l’auto-partage dans les entreprises privées ou publiques confirme l’absence de volonté d’inscrire la Région au coeur de la transition écologique de notre société.

S’ajoute à cela la volonté à peine cachée de l’exécutif de se retirer définitivement du Plan de déplacement Urbain (PDU) outil de planification intégré au Grand Paris pourtant essentiel à une véritable amélioration des conditions de déplacements des usagers franciliens. A l’occasion de cette séance budgétaire, Ghislaine Senée s’en est inquiétée : « En abandonnant la mise en œuvre du PDU, en jouant les petits bras, la majorité abandonne la Grande Couronne car pour ses habitants les plus éloignés, au final, ce sera la route, rien que la route et ses kilomètres de bouchons ».

Enfin, Pierre Serne a rappelé son opposition totale avec la suppression de la réduction tarifaire dans les transports pour les étrangers en situation irrégulière qui fait preuve d’une indigne discrimination au sein des populations modestes : « « A travers cette mesure régressive, Madame Pécresse, qui n’y avait pourtant rien trouvé à redire pendant 10 ans, donne des gages à la frange la plus réactionnaire de son électorat. Elle met dans une situation de grave détresse environ 110 000 personnes, dont des enfants. C’est affligeant et j’espère bien gagner le recours que j’ai engagé au tribunal administratif contre cette décision ». »