Canal Seine Nord : la Région financera ce grand projet inutile
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Les écologistes dénoncent le choix de la Région Île-de-France de financer la construction du Canal Seine Nord Europe, un grand projet inutile au coût faramineux pour les Francilien-nes.

Présenté comme la solution pour faire baisser le nombre de camions sur les routes, le Canal Seine Nord est un leurre. Largement surdimensionné, ce projet, développé dans les années 1950, est en réalité un véritable contre-sens en matière de politique de transport durable qui engendrera bien plus de dégâts environnementaux qu’il n’entraînera de report modal pour le transport de marchandises.

« Par son coût financier, son absurdité technique et son impact certain sur la ressource en eau et la biodiversité, le Canal Seine Nord est un grand projet inutile qui ne mérite pas les 110M€ promis par la Région « , dénonce l’élu écologiste Pierre Serne.

Loin de protéger l’environnement, ce projet peut au contraire le menacer. Il entrainera ainsi un prélèvement massif sur les eaux de surface qui aura un impact très négatif sur la ressource en eau et la biodiversité des zones humides.

Ce projet titanesque ne participe pas non plus au développement d’alternatives durables au transport routier. Il fragilise le transport fluvial en concentrant les investissements au détriment du réseau historique de canaux de petit ou moyen gabarit. Mais surtout, il ignore le rôle que peuvent jouer les ports français comme ceux du Havre et de Dunkerque. Ces ports s’inquiètent d’ailleurs fortement des conséquences que pourrait avoir le Canal Seine Nord Europe sur leur activité.

Enfin, le Canal Seine Nord souffre également d’une conception passéiste en dehors de toute réalité. Les hypothèses de trafic de volumes transportés, de recettes, de création d’emplois directs et indirects semblent irréalistes et ont été maintes fois critiquées. Son impact sur le trafic de marchandises routier largement surestimé pourrait finalement venir concurrencer le fret ferroviaire.

« C’est de la concurrence interne aux modes alternatifs à la route. Plutôt que de retirer des centaines de camions, cela va fragiliser encore un peu plus les secteurs concurrents de la route, comme le ferroviaire et même le fluvial existant. » conclut Pierre Serne.

Pour les écologistes, la Région doit se désengager totalement de ce projet et redéployer les sommes engagées sur les projets de transports en commun et de développement d’alternatives durables en matière de fret et de logistique urbaine de proximité.