Le Plan vert : l’arbre cache la forêt
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Après le budget environnement du grand renoncement voté en janvier dernier, l’annonce d’un « Plan Vert » pour la Région a été accueillie avec bienveillance par le groupe écologiste. Pourtant, une nouvelle fois, ce grand plan qui affiche l’objectif ambitieux de reverdir l’Île-de-France s’avère être avant tout un objet de communication qui cache un regrettable désengagement de la région sur la protection de l’environnement.

Si les élus écologistes soutiennent la politique de création d’espaces verts pour les communes les plus carencées promue par le « Plan Vert » de Mmes Jouanno et Pécresse, ils regrettent que l’exécutif régional abandonne complètement la question de la protection des espaces naturels et agricoles. Non seulement le plan ne revient pas sur le désengagement de la Région de l’Agence des Espaces Verts mais surtout il ne prévoit rien pour pallier l’affaiblissement des missions d’acquisition et de gestion d’espaces verts régionaux jusque-là effectuées par l’agence. « Prioriser la création d’espaces verts artificiels et ne pas protéger les espaces naturels existants, c’est faire de l’écologie de salon, » déplore Mounir Satouri. « En ne protégeant plus les espaces naturels dans la Grande Couronne, Mme Pécresse met en péril les poumons verts de toute l’Île-de-France. » 

A l’heure où les travaux du Grand Paris ont commencé et que Paris est favori pour accueillir les Jeux Olympiques et l’Expo universelle, protéger le patrimoine naturel francilien face à l’urbanisation grandissante est pourtant urgent. Pourtant, il n’en est rien. Mme Pécresse a préféré brader le patrimoine régional et sacrifier un potentiel de 14 000 hectares qui risquent d’être cédés et – partant – urbanisés.

Pour Annie Lahmer, le « Plan vert » n’est pas à la hauteur des enjeux : « La politique espace verts de la région ne doit pas être le buisson qui cache la forêt rasée. Il faut une politique environnementale digne de ce nom, qui ne renonce pas devant les enjeux de notre métropole : refuser le saupoudrage, refuser les grands projets inutiles, faire de l’écologie partout où c’est possible »

L’élue écologiste regrette également la suppression annoncée des missions de l’AEV, ce sont aussi toute une série de programmes d’éducation à l’environnement qui disparaissent alors qu’ils profitaient à quelque 10 000 élèves par an. « Protéger les espaces naturels, c’est aussi sensibiliser les habitant-es et les enfants sur leur rôle dans notre environnement. Il est regrettable que la Région se désolidarise de tout le réseau associatif qui prend part à cette action, » ont encore regretté les élu-es écologistes.

Seule satisfaction pour le groupe : l’accord unanime sur leur amendement qui visait à privilégier les arbres d’essences régionales et fruitiers dans les futurs aménagements d’espaces verts. 

 

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