Les écologistes demandent la suspension immédiate de la charte de la laïcité
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[Communiqué de presse EELV&A]

La charte de la laïcité de la Région Île-de-France en est déjà à ses premiers remous. Après une large contestation des maires, Valérie Pécresse a courageusement annoncé que les services administratifs de la région s’étaient gauchement mépris en demandant aux maires ou représentants des EPCI de signer la charte sous peine de se voir retirer les subventions régionales. « Mal leur a pris d’aussi mal interpréter le terme de personnes morales, à qui s’adressait la charte contestée », a ironisé Mounir Satouri, président du groupe écologiste qui considère qu’il en va de la seule responsabilité de la Présidente.

Mais les écologistes tiennent à mettre en garde les Francilien-nes : « En aucun cas ce recul ne doit être considéré comme une victoire. C’est au contraire une nouvelle preuve de tout l’arbitraire qui règne dans l’application de cette charte », déplore M. Satouri.

Pour les écologistes, « si les maires ont les moyens de contester le droit de la Région à leur imposer ses vues sur la laïcité, ce n’est pas le cas des associations qui ont désormais le couteau sous la gorge ».

« C’est tu signes ou tu oublies toute subvention régionale », déplore M. Satouri qui considère que c’est avant tout la diversité d’opinion et la libre expression qui sont mises en danger. « Le risque, c’est la mise au ban de tout un nombre de structures qui oseraient – ô diable ­– penser la laïcité d’une manière différente », renchérit l’élu.

Pour les écologistes, il est regrettable que la possibilité de s’extraire de l’obligation de signature de la charte soit directement liée au degré d’influence de la structure concernée. Alors que les discussions sont encore en cours les écologistes se demandent quel sera le sort réservé aux entreprises pour qui rien ne semble encore fixé. « Gageons qu’elles auront le droit d’être un peu plus indépendantes que les associations », avertit l’élu…

Hésitations, imbroglio, impréparation et arbitraire… La teneur des débats lors de la Commission Permanente de ce jour a une fois de plus mis au jour les incohérences juridiques et d’application de la charte de Mme Pécresse, puisque d’un côté elle tente d’imposer – d’après ses propres termes – la neutralité dans l’espace public et accepte d’un autre côté, des financements à des structures qui affichent leur religion…

Appliqués à traquer les occurrences de la charte régionale de la laïcité dans 46 rapports sur les 150 présentés à cette Commission permanente du 17 mai 2017, les élu-es écologistes rappellent tout leur engagement contre la charte : lettre au Préfet qui retient toujours – après 2 mois de réflexion– sa décision, obtention d’un avis critique de l’Observatoire national de la laïcité, sensibilisation de 2500 structures franciliennes par l’envoi d’un courrier explicatif, contact avec des associations de protection des Droits de l’Homme…

Déboutés de leur demande de suspension de la charte régionale de la laïcité, ils considèrent qu’elle ne peut s’appliquer en l’état et mettent tout en œuvre pour la faire invalider.

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