Pic de pollution : La gratuité des transports éliminée de concert par l’Etat et la Région
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 [Communiqué de presse EELV&A]

Ce dimanche, où la pollution de l’air est à nouveau montée au-delà des niveaux dangereux pour la santé, est prévue la mise en place de nouvelles mesures, mais surtout l’abandon d’une mesure essentielle, d’écologie incitative : la gratuité des transports en commun.

Pour les écologistes qui avaient défendu la gratuité des transports en commun et notamment son financement – au moins partiel – par l’Etat, par le biais d’un amendement au dernier Conseil du STIF, ce retour en arrière est inacceptable et aura des conséquences négatives inévitables sur l’efficacité des mesures de restriction de circulation pendant les pics de pollution, au risque de les faire durer davantage.

Les élu-es regrettent « les accointances entre l’Etat et l’exécutif régional pour mettre un terme à la gratuité des transports pendant les pics de pollution » puisque suite au rejet de la gratuité des transports au STIF et à la mise en place d’un ticket au tarif « incitatif » de 3,80€, un décret a été publié, mettant un terme définitif à l’article L223-2 du code de l’environnement qui indiquait que les mesures de circulation devaient s’accompagner de gratuité des transports en commun.

« En d’autres termes, Valérie Pécresse s’est engouffrée dans la possibilité posée par l’Etat de ne proposer qu’un tarif incitatif, et Mme Royal a décidé de le lui permettre par décret », s’insurge Pierre Serne, ancien Vice-Président aux transports franciliens, « l’Etat s’est empressé de valider cette décision parce qu’il refuse de payer ce qui est pourtant de sa responsabilité puisque il est, à ce jour, le seul décisionnaire en matière de circulation et le seul responsable de la politique qui maintient un tarif préférentiel coupable sur le Diesel. »

Pierre Serne ajoute : « Le problème, c’est de ne voir la pollution que sous l’angle financier en oubliant l’immense problème de santé publique. Il finit par y avoir mise en danger de la vie d’autrui. Faudra-t-il aller jusqu’au procès comme pour l’amiante ? »

Par ailleurs, les élu-es écologistes déplorent le manque d’information patent à la population, qui risque de ne plus s’y retrouver entre les nouvelles mesures de circulation et celles des transports en commun.

« Tous ces changements opérés en quelques semaines sont dénués de pédagogie. Or pour que les mesures soient suivies, elles doivent avant tout être comprises. L’Etat et la région ont monté une usine à gaz, un système incompréhensible qui risque par conséquent d ‘être inefficace, aux dépens de la santé des habitant-es », regrette Mounir Satouri, président du groupe écologiste.

A terme, les écologistes souhaitent que les effets des nouvelles règles imposées aux Francilien-nes soient mesurés, en matière de report modal et d’efficacité sur la pollution. « Avec de telles méthodes, on prend le risque d’augmenter le nombre de jours de pollution au lieu de les diminuer. Cela contribue encore à alourdir la facture de la pollution. »