Pollution : la région fait machine arrière avec un nouveau plan route
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[Communiqué de presse EELV&A]

L’exécutif d’Île-de-France fait entrer la Région dans une ère nouvelle et revient à une politique favorable à la voiture.

Si la majorité précédente avait fait le choix de ne pas participer au développement du réseau routier francilien et de protéger la Région contre l’étalement urbain en investissant massivement dans les transports en commun, l’équipe de Mme Pécresse fait machine arrière et réinvestit dans les routes sur des projets aussi coûteux qu’inadaptés.

Face aux contre-arguments de la Présidente qui veut décongestionner en multipliant les routes, les écologistes ont tenu à rappeler, par la voix de Ghislaine Senée, qu’« augmenter l’offre viaire, c’est générer plus de trafic et déplacer la congestion ».

En effet, les chercheurs le rappellent : la congestion est le résultat d’un déséquilibre, à un moment donné en un point donné, entre la demande automobile et l’offre viaire. La délibération proposée ne s’attache pas à régler la lourde problématique de la congestion automobile en Île-de-France.

De nombreux projets sont ainsi remis sur la table, financièrement insoutenables et de surcroit rejetés par la population, parmi lesquels le boulevard du Parisis, le prolongement de  l’A104,… « et tous ces nouveaux projets routiers qui vont fractionner soit des terres agricoles ou maraichères, soit des espaces naturels ou forestiers à coups de millions d’investissements pour ne rien régler ! ». Ceci au mépris des associations qui les dénoncent depuis longtemps, mais dans un temps politique bien opportun, à quelques mois des élections législatives. Car le choix des projets résulte d’une unique consultation : celle des Présidents des départements qui, non contents d’avoir perdu une part de la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises, soit 40 M€), se voient ici renfloués de quelques 50 M€ supplémentaires.

« Je considère que c’est un cadeau, une contrepartie financière aux départements, ce qui justifierait une telle remise en cause des objectifs ambitieux que s’était fixés la région dans son PDU (-2% des déplacements en voitures) » a déclaré l’élue.

Pour Ghislaine Senée, augmenter les routes, c’est nécessairement augmenter la pollution.

« La région va induire l’accroissement du nombre de véhicules et provoquer le report d’une pollution de proximité : celle concentrée au plus près des axes et qui sera donc déplacée vers d’autres populations à risque, créant de nouvelles conséquences sanitaires auprès de ces nouvelles populations. En rien les questions de la qualité de l’air ni des gaz à effet de serre ne seront traitées, » a regretté l’élue qui explique que les reports de circulations se feront à quelques kilomètres du point de congestion.

L’élue n’a trouvé à ce plan route qu’un seul point positif : celui de l’évolution technologique des routes, mais traité de manière bien insuffisante puisque sont laissés de côté de nombreux axes importants qui ont fait l’objet d’amendements des écologistes : un renforcement du plan vélo, un élargissement des bornes électriques et aires de covoiturage à tout le territoire francilien, un soutien à toutes les mobilités alternatives, les outils d’aide à la réduction de la vitesse ou de la circulation, ou encore des liens entre le petit logistique et la voiture individuelle.

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