Pour les écologistes, le Plan déchets régional ne doit pas être enterré
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[Communiqué de presse EELV&A]

Quatre élu-es écologistes régionaux[1] se sont rendu-es hier en Seine-et-Marne pour constater les dégâts liés à la multiplication des décharges dans ce département. Suite à l’annulation par le Tribunal administratif du moratoire sur l’extension et la création de nouvelles décharges, les élu-es ont rencontré M. Jean-Jacques Barbaux, Président du Conseil départemental de Seine-et-Marne et M. Jean-Luc Marx, Préfet du département, mais aussi nombre d’associations qui luttent aujourd’hui pour la protection des paysages et de l’environnement seine-et-marnais. Les élu-es ont souhaité alerter notamment sur l’augmentation des déchets inertes émanant des chantiers du Grand Paris[2] qui risquent d’augmenter la pression sur le département alors que ce dernier est déjà le réceptacle de 80% des déchets d’Île-de-France.

Face à M. Barbaux, qui semble préférer au Plan déchets régional (PREDEC[3]) l’installation de nouvelles unités de recyclage, les élu-es écologistes ont défendu l’importance de maintenir une volonté régionale de rééquilibrage de la gestion des déchets, obligeant chacun des départements à gérer et tracer lui-même ses déchets.

« Il n’est pas admissible aujourd’hui que les départements d’Île-de-France déversent tous leurs gravats en Seine-et-Marne. M. Barbaux veut créer des unités de recyclage, mais il faut avant tout réfléchir à construire avec des matériaux compatibles avec un BTP durable. Ensuite le président du département ne nous donne aucune garantie sur la traçabilité  des déchets. Comment dans ces conditions s’assurer qu’ils ne soient pas polluants pour les eaux, la terre ou les constructions qui seront faites à partir de ces déchets recyclés en remblais ? », demande Bénédicte Monville-de Cecco.

« Pour les écologistes, la création d’une filière de recyclage ne doit pas être le prétexte à plus de déchets. Il faut du recyclage partout, mais il faut aussi réduire le déchet à la source, » ajoute Mounir Satouri.

« Pour nous, le PREDEC ne doit pas être enterré. Nous défendrons pas à pas le moratoire et la nécessité de limiter le stockage de déchets en Seine-et-Marne à 4 millions de tonnes par an[4], c’est une nécessité publique pour ce département trop souvent caricaturé ».

Face au Préfet du 77 qui a confirmé les craintes des écologistes pour le département, ces derniers ont demandé à ce que les acceptations d’extension et de création de nouvelles décharges soient strictement contraintes et que les décharges illégales soient mieux contrôlées.

 

 

 

[1] M. François Damerval (91), Mme Monville-de Cecco (77), M. Mounir Satouri (78), Mme Ghislaine Senée (78)

[2] Le Grand Paris, ce sont pas moins de 43 millions de tonnes de déchets prévus.

[3] Plan régional de prévention et de gestion des déchets issus des chantiers du bâtiment et des travaux publics, adopté en juin 2015 à l’unanimité du Conseil régional

[4] 4 millions de tonnes par an, c’est le montant total des déchets qui était prévu à l’issue des 3 ans de moratoire (juin 2015-2018)

 

Crédits Photo : La République de Seine-et-Marne